La Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) comptait 9 083 personnels en tenue déployés, pour un effectif maximum autorisé de 13 813, rapporte le média en ligne Politico.cd dans un article publié le 8 septembre 2026. Le média s'appuie sur les résolutions du Conseil de sécurité et sur les rapports du Secrétaire général des Nations unies. L'écart représente environ un tiers du plafond.
Le mandat de la mission expire le 20 décembre 2026. Le Conseil de sécurité ne s'est pas encore prononcé sur sa prorogation.
Le plafond et le déploiement réel
Selon Politico.cd, la résolution 2808, adoptée à l'unanimité le 19 décembre 2025, fixe à son paragraphe 32 un effectif maximum de 11 500 militaires, 600 observateurs militaires et officiers d'état-major, 443 policiers hors unités constituées et 1 270 membres d'unités de police constituées.
Le rapport du Secrétaire général coté S/2026/507, publié le 19 juin 2026, fait état de 7 940 soldats et 294 experts militaires déployés, toujours selon Politico.cd. Le média cite également un paragraphe faisant état de 855 policiers, dont 161 hors unités constituées et 688 au sein d'unités constituées. C'est la police individuelle, celle qui forme et accompagne la Police nationale congolaise, qui apparaît la plus dégarnie : environ un tiers de son plafond.
Une réduction décidée en amont
L'écart ne tiendrait pas seulement à un manque de contributeurs. Politico.cd cite un rapport du 19 mars 2026 selon lequel 1 550 militaires, 125 experts militaires, 180 membres d'unités de police constituées et 125 policiers ont été rapatriés, et 694 postes civils supprimés. Ces coupes correspondent, selon ce texte, à une baisse de 23,4 % du personnel en tenue, de 29 % du personnel civil et de 27 % du financement opérationnel, avec des « répercussions sur les opérations dans les domaines de la protection, de la mobilité, du renseignement et de la coordination ».
Le financement coupé en deux
L'Assemblée générale a adopté le 30 juin 2026 la résolution 80/278, qui ouvre des crédits de 958 318 000 dollars pour l'exercice courant du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027, écrit Politico.cd. Mais la mise en recouvrement est scindée à la date d'expiration du mandat : 454 216 500 dollars jusqu'au 20 décembre, puis 504 101 500 dollars « sous réserve que le Conseil de sécurité décide de proroger le mandat ». Soit plus de la moitié du budget annuel suspendue à une décision non prise.
Dans une lettre du 27 février 2026 (S/2026/105), le Secrétaire général estimait que la surveillance d'un cessez-le-feu pourrait exiger 1 500 à 2 500 militaires supplémentaires, mais que ce renfort tiendrait « dans le cadre du plafond actuel autorisé ». Ce qui manque, écrit-il selon le média, ce sont des financements et des contingents.
Ce que Kinshasa demande
Membre non permanent du Conseil de sécurité pour 2026 et 2027, la RDC ne réclame pas le départ de la mission. Le 26 juin 2026, son représentant permanent Zénon Mukongo Ngay a insisté devant le Conseil sur « la nécessité de garantir la pleine liberté de mouvement de la MONUSCO, la levée de toutes les restrictions dans les zones sous contrôle du M23 et la mise à disposition de ressources adéquates ». Il a ajouté que la transition de la mission « doit dépendre de la réalité sécuritaire sur le terrain, pas d'un calendrier abstrait ».
Ce que l'on sait
Établi, sous réserve de vérification des documents originaux : le plafond de 13 813 fixé par la résolution 2808, l'expiration du mandat au 20 décembre 2026, la scission du budget en deux tranches, la position exprimée par Kinshasa devant le Conseil.
Non confirmé : le total de 9 083 est une addition faite par Politico.cd, non un chiffre publié comme tel par les Nations unies. Les chiffres de police cités sont d'ailleurs incohérents entre eux (855 d'un côté, 161 et 688 de l'autre, soit 849). L'effectif au 8 septembre est inconnu : la dernière donnée date du 19 juin. Ni la MONUSCO ni le gouvernement congolais n'ont réagi à cet article.