La gestion des déchets n'est « pas bonne » à Kindu, chef-lieu du Maniema. Le constat vient du maire de la ville lui-même, Atibu Mulamba Augustin, interrogé lundi 7 septembre dans l'émission « L'invité du jour » de Radio Okapi. « La gestion des déchets dans la ville de Kindu n'est pas bonne, si nous devons être sincères », a-t-il déclaré.
L'autorité urbaine met en avant le manque de moyens matériels et financiers pour assurer la collecte et l'évacuation des ordures. Selon lui, la ville dispose d'un service chargé de l'Environnement, du Développement durable et de l'Économie du climat, mais celui-ci n'a pas les véhicules ni les équipements nécessaires pour acheminer les déchets vers la décharge définitive.
Un dispositif prévu sur le papier
La politique urbaine prévoit une gestion des déchets à la source — dans les ménages, les commerces et les industries — avec un tri entre déchets biodégradables et non biodégradables, a expliqué le maire. Kindu compte plusieurs décharges de transit où les habitants sont appelés à déposer leurs ordures, ainsi qu'une décharge définitive située près de la rivière Mikelenge.
Dans les faits, ce circuit fonctionne mal. Atibu Mulamba Augustin cite l'expansion de la ville, liée à la croissance démographique et à l'exode rural, qui complique le travail des services municipaux.
Caniveaux et cours d'eau
Le maire pointe aussi les pratiques de certains habitants, qui jettent leurs déchets dans les caniveaux et les cours d'eau. « C'est une mauvaise pratique à décourager. Certains pensent se débarrasser des déchets, mais ils attirent des maladies comme la typhoïde ou le choléra », a-t-il dit. Il ajoute que l'obstruction des voies d'eau peut favoriser les inondations et la prolifération des moustiques.
La question se pose à l'approche de la saison des pluies : Radio Okapi avait déjà signalé l'inquiétude d'habitants de Kindu face à des caniveaux bouchés.
La taxe d'assainissement au cœur du problème
Le financement des opérations repose notamment sur la taxe d'assainissement, fondée sur le principe du « pollueur-payeur ». Le maire déplore un faible recouvrement de cette taxe. « Cela nous prive des moyens nécessaires pour être en mesure de servir cette même population », a-t-il souligné.
Il appelle les habitants à s'acquitter de leurs obligations fiscales et encourage une meilleure collaboration entre la mairie et les acteurs privés engagés dans la gestion des déchets.
Ce que l'on sait
Établi, selon la mairie : le service municipal de l'environnement manque de véhicules et d'équipements ; le recouvrement de la taxe d'assainissement est jugé faible ; la ville dispose de décharges de transit et d'une décharge définitive près de la rivière Mikelenge.
Non confirmé ou absent de la dépêche : aucun chiffre n'est communiqué sur le tonnage d'ordures produit, le nombre de véhicules disponibles, le montant ou le taux de recouvrement de la taxe, ni le nombre de décharges de transit. Aucune donnée sanitaire ne vient étayer le lien évoqué avec la typhoïde ou le choléra à Kindu. La version des habitants et celle des opérateurs privés n'ont pas été recueillies.