Aux abords de Kinshasa, des pêcheurs du fleuve Congo affirment retrouver de plus en plus de déchets plastique dans leurs filets, et de moins en moins de poisson. C'est ce que rapporte un reportage de Radio France internationale (RFI) publié le 9 septembre 2026 dans l'émission « Reportage Afrique ». Certains d'entre eux auraient délaissé la pêche pour ramasser ces déchets et les revendre à des entreprises locales de recyclage.
Selon les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) citées par RFI, plus de 60 000 tonnes de poissons sont pêchées chaque année dans le fleuve Congo. Des millions de personnes vivent du fleuve, précise la même source, sans que le nombre exact de ménages concernés soit détaillé.
Une reconversion vers les déchets
Le basculement décrit par RFI est économique autant qu'environnemental : là où le poisson se raréfie, la collecte de plastique devient une activité de repli. Les déchets sont revendus à des unités de recyclage installées dans la capitale. Le reportage ne précise ni les prix pratiqués au kilo, ni le nombre de pêcheurs concernés, ni les entreprises acheteuses.
Kinshasa, agglomération de plusieurs millions d'habitants, souffre depuis des années d'un ramassage des ordures irrégulier. Une partie des déchets finit dans les caniveaux, les rivières urbaines, puis dans le fleuve. Ebale n'a pas pu vérifier de manière indépendante l'ampleur de ce transfert ni son évolution récente.
Ce que l'on sait
Faits attribués à une source : le chiffre de plus de 60 000 tonnes de poissons pêchées chaque année dans le fleuve Congo, attribué par RFI aux autorités congolaises ; les témoignages de pêcheurs constatant une raréfaction du poisson aux abords de Kinshasa ; la reconversion d'une partie d'entre eux dans la collecte et la revente de plastique.
Non confirmé à ce stade :
- le lien de cause à effet entre la pollution plastique et la baisse des prises, qui n'est établi par aucune étude citée dans la dépêche ;
- l'ampleur chiffrée de la raréfaction du poisson, aucune série statistique n'étant fournie ;
- le volume de plastique déversé dans le fleuve chaque année ;
- l'existence d'un programme public de dépollution ou de gestion des déchets ciblant le fleuve.
D'autres facteurs peuvent peser sur les prises — surpêche, sédimentation, pollution industrielle, variations du débit — mais aucune source disponible ne les hiérarchise pour ce tronçon du fleuve.
À suivre
Le ministère de l'Environnement et du Développement durable et celui de la Pêche et de l'Élevage n'ont pas publié, à la date du 9 septembre 2026, de réaction à ce reportage. Les filières de recyclage plastique de Kinshasa, encore largement informelles en amont, restent peu documentées.