Environ 76 000 personnes vivent sur le site de déplacés de Plaine Savo, près de la cité de Fataki, en Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). C'est ce qu'indique Médecins sans frontières (MSF) dans un document publié le 9 septembre 2026 sur le portail humanitaire ReliefWeb.
Selon l'organisation médicale, les habitants du site ne peuvent pas en sortir à cause de la menace de violences à l'extérieur. Ils sont, écrit MSF, contraints de vivre dans des conditions « désastreuses et indignes », privés des services de base les plus essentiels. L'organisation ne précise pas, dans ce document, quels services manquent en priorité ni depuis combien de temps la population du site a atteint ce niveau.
Des déplacements qui se répètent
MSF rapporte le témoignage d'une femme de 60 ans, installée depuis huit mois sous un abri de fortune de quelques mètres carrés. Ebale a choisi de ne pas reprendre son nom, pour des raisons de sécurité. « Nos maisons ont été incendiées. Le jour où nous sommes partis, il y avait des coups de feu partout. Les gens ont fui sans rien emporter. Certains ont été tués, d'autres violés ou enlevés. Jusqu'aujourd'hui, nous ne savons pas où sont ceux qui ont disparu, s'ils sont morts, emprisonnés ou encore en vie », dit-elle, citée par MSF.
Toujours selon l'organisation, le village de Bule, où cette femme vivait, a été le théâtre en décembre dernier d'affrontements entre le groupe armé Convention pour la révolution populaire (CRP) et les Forces armées de la RDC (FARDC). Les combats ont vidé la localité de ses habitants. Il s'agissait, précise MSF, du deuxième déplacement forcé subi par cette femme.
Ce que l'on sait
Établi, selon MSF : le chiffre de 76 000 personnes sur le site de Plaine Savo ; l'impossibilité pour ces déplacés de circuler librement hors du site ; l'existence d'affrontements en décembre à Bule entre la CRP et les FARDC, suivis du départ de la population.
Non confirmé à ce stade : le nombre de morts, de blessés, de personnes enlevées ou victimes de violences sexuelles lors de ces affrontements. MSF ne publie pas de bilan dans ce document, et aucun décompte indépendant n'est disponible. Le témoignage cité décrit une expérience individuelle : il ne vaut pas bilan.
Non documenté ici : la réponse des autorités provinciales de l'Ituri, la présence éventuelle d'autres organisations humanitaires sur le site, et l'état des services de santé, d'eau et d'assainissement à Plaine Savo. Les versions de la CRP et de l'armée sur les combats de décembre à Bule ne figurent pas dans le document.
L'Ituri fait partie des provinces où l'action humanitaire dépend d'un accès négocié et fluctuant. Ce point n'est pas abordé dans la publication de MSF, qui s'en tient à la situation décrite sur le site.