Kinshasa ne dispose plus d'aucun camion anti-incendie municipal en état de marche. Selon RFI, qui cite plusieurs sources à l'Hôtel de ville, les deux véhicules que compte la capitale sont vétustes, en panne, et considérés comme irrécupérables par les mécaniciens. Ces deux camions avaient été offerts par l'Agence japonaise de coopération internationale (Jica), indiquent les mêmes sources.
L'information intervient après une série d'incendies dans la ville. Le 5 septembre, un feu s'est déclaré dans une salle des fêtes à Lingwala, où se tenait un mariage. Le 7 septembre, l'école Saint-Pierre a été touchée ; le même jour, à Limete, des habitants ont tenté seuls de contenir un autre incendie, rapporte RFI.
Un service confié à des opérateurs privés
Faute d'engins propres, la ville a accordé des licences à des opérateurs privés disposant de moyens anti-incendie. Ceux-ci doivent, en contrepartie, appuyer les secours lorsque la municipalité les sollicite. Mais ces véhicules n'appartiennent pas à la ville : leur mobilisation dépend de leur disponibilité et de leur position au moment du sinistre. Lors de l'incendie de l'école Saint-Pierre, un pompier a affirmé à RFI que le camion dépêché appartenait à un opérateur privé.
La ville compte 137 sapeurs-pompiers, selon les chiffres rapportés par RFI. L'une des sources municipales indique qu'ils sont inactifs faute de véhicules. Le problème ne tient donc pas aux effectifs, mais aux moyens matériels.
Un dossier connu depuis 2025
Une correspondance officielle consultée par RFI montre que la situation était documentée l'an dernier. Le 15 août 2025, le ministre provincial de l'Intérieur avait transmis au gouverneur un état des besoins de réparation des véhicules anti-incendie. Dans sa réponse du 10 septembre, le cabinet du gouverneur estimait que l'entretien relevait des Travaux publics et demandait le transfert du dossier, devis compris, à ce ministère.
En octobre 2025, après un nouvel incendie, le gouverneur Daniel Bumba constatait le manque d'entretien des véhicules, la démobilisation des agents et des dysfonctionnements dans les interventions. Il avait ordonné leur remise en état. Selon les informations recueillies par RFI à l'Hôtel de ville, ces véhicules sont aujourd'hui considérés comme totalement amortis.
Ce que l'on sait
Établi, selon RFI et ses sources municipales : deux camions municipaux, aucun opérationnel ; 137 sapeurs-pompiers ; recours à des opérateurs privés sous licence ; échange de correspondances en août-septembre 2025 entre le ministère provincial de l'Intérieur et le cabinet du gouverneur.
Non confirmé : l'Hôtel de ville affirme avoir commandé une trentaine de nouveaux véhicules, mais la date d'arrivée, le coût, la provenance et les caractéristiques techniques n'ont pas été communiqués. Ce volume correspond à l'estimation formulée dès 2023 par le commandant du corps municipal, qui évaluait à au moins 30 le nombre d'engins nécessaires. Aucune de ces informations n'a fait l'objet d'une confirmation publique de la mairie à ce stade.
La capitale reste dépendante de la caserne de la Gombe pour 24 communes. Les embouteillages, l'état des routes et l'étroitesse de nombreuses ruelles allongent les délais d'intervention.